ECOTECH CONSULTING ENGINEERING Tutorat & Mentorat Comprendre le tutorat : la clé de l’encadrement des apprentis en entreprise et en chantier-école

Comprendre le tutorat : la clé de l’encadrement des apprentis en entreprise et en chantier-école

Dans la formation par l’apprentissage, 80 % du temps de formation se déroule en entreprise ou sur un chantier. La qualité de ce qui s’y apprend repose sur une personne clé : le tuteur, aussi appelé maître d’apprentissage. C’est lui qui organise, met en œuvre et évalue les activités d’apprentissage de l’apprenti au sein de la structure d’accueil. L’ensemble de ses activités constitue le tutorat.

Tutorat et mentorat : quelle différence ?

Les deux notions sont proches mais distinctes. Le tutorat vise l’acquisition de compétences professionnelles précises, définies par un programme de formation : le tuteur encadre, forme et évalue l’apprenti sur son poste de travail. Le mentorat relève davantage de l’accompagnement global : un professionnel expérimenté conseille une personne moins expérimentée dans son développement de carrière, sans lien direct avec un référentiel de formation. Dans les dispositifs d’apprentissage en chantier-école, c’est le tutorat qui est au cœur du système — le tuteur jouant souvent, dans les faits, un rôle de mentor pour son apprenti.

Un cadre légal précis

En Mauritanie, l’activité de tutorat est encadrée par le décret n° 2021-158 du 20 septembre 2021, qui fixe dans son article 11 les conditions à remplir par le maître d’apprentissage :

  • Être employé de l’entreprise ;
  • Posséder les aptitudes et les qualifications requises pour exercer le métier objet de la formation et assurer le suivi de l’apprenti ;
  • Justifier d’une expérience minimale de 2 ans dans l’exercice du métier ;
  • Avoir la capacité pédagogique de transmettre son expérience professionnelle ;
  • Avoir une bonne moralité.

Pour rester efficace, il est conseillé de ne pas confier plus de deux à trois apprentis à un même tuteur, selon la nature de l’entreprise.

Les quatre grandes responsabilités du tuteur

  • Intégrer les nouveaux apprentis — une mauvaise intégration est une source de démotivation et d’abandon ;
  • Développer de nouvelles compétences — organiser les situations d’apprentissage sur les postes de travail ;
  • Transmettre la culture de l’entreprise — comportements professionnels, règles, valeurs ;
  • Évaluer la progression — suivre les acquis et préparer la certification.

Les qualités d’un bon tuteur

  • Flexibilité et polyvalence pour s’adapter à chaque apprenti et à chaque situation de production ;
  • Enthousiasme et motivation pour donner envie d’apprendre ;
  • Empathie et implication pour instaurer une relation de confiance ;
  • Bonne faculté de communication pour expliquer, montrer et corriger ;
  • Humilité et discernement pour valoriser l’apprenti et le fidéliser comme futur employé.

Au-delà de la transmission du geste professionnel, le tuteur motive, valorise et fidélise l’apprenti — qui constitue pour l’entreprise un potentiel futur collaborateur déjà formé à sa culture.

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